GUY HENNEBELLE

UN DEFRICHEUR ICONOCLASTE

 

Né le 7 septembre 1941 à Armentières (59),

Etudes de journalisme (Saint Luc, Belgique).

 

1962

Premier séjour en Algérie après l’indépendance. Collabore à Alger Républicain.

1963-1965 

Animateur à la FLECC. Ecrit des critiques de films dans la revue Téléciné.

1964

Un mois à Bouira en Algérie.

1965

Succède à Daniel Junqua à l’organisation de stages pour futurs coopérants en Algérie.

Printemps 1965-68 

A l’instigation d’Hervé Bourges, collabore aux journaux algériens Algérie Actualité et Révolution africaine. Il devient responsable de la rubrique cinéma d’El Moudjahid sous le pseudonyme d’Halim Chergui.

1966

Epouse Monique Martineau, enseignante. Deux enfants : Isabelle, journaliste et Patrick, astrophysicien. Trois petits-enfants franco-arabes (à ce jour).

Eté 1968

Retour en France.

1969-71

Collabore à Jeune Afrique ainsi qu’à des revues de cinéma comme Cinéma, Jeune Cinéma, Cahiers du cinéma, Cinéaste, Cinéma-Québec.

1971

Anime une grève de deux mois avec occupation des locaux à Jeune Afrique.

1969-1972 

Collaboration régulière à L’Afrique littéraire et artistique (dirigé par Pierre Biarnès, rédactrice en chef Paulette Decraene). Il y écrit Cinémas africains (n°20, 1er trimestre 1972, société africaine d’édition, Paris, 376 p.)

1971 à 1980

Collabore à Afrique Asie.

Il participe en 1972 à la création de la revue Ecran.

Mai 1972 

Frappé par la poliomyélite en mai 1972. Passe un an à l’hôpital de Garches. Reste paralysé des jambes.

1973 

Reprend ses collaborations à Afrique Asie. Dans la revue Ecran, il assure la rubrique La vie est à nous sur le cinéma militant.

Parcourt le monde en fauteuil roulant, à travers les festivals de cinéma.

1975 

Quinze ans de cinéma mondial, 1960-1975 aux éditions du Cerf, collection 7ème art (432 p., épuisé). Dans cet ouvrage, il décrit l’émergence de toutes les Nouvelles Vagues, qui depuis le free cinéma britannique au cinéma novo brésilien et au jeune cinéma tchèque secouaient le cocotier des vieux cinémas. Et en écho à l’incantation de Che Guevara "Créer un, deux, trois Viêtnam", donnaient l’impression de constituer une insurrection internationale des damnés de la pellicule contre l’ogre hollywoodien. Rapidement épuisé, il fut réédité sous le titre Les cinémas nationaux contre Hollywood, traduit en quatre langues (brésilien, espagnol, grec, persan).

Parution du Guide des films anti impérialistes, avec la participation du CILA et du MNSPI, éd. E-100, Paris, 224 p.

Collabore au Monde

1976 

Coordonne Cinéma militant (n°5-6, mars-avril de la revue Cinéma d’aujourd’hui, éd. Film Editions). Ouvrage de synthèse sur ce courant mal connu, né de mai 1968, qui s’assigne une " mission de contre information, d’intervention et de mobilisation ".

Poursuit ses collaborations dans des revues de cinéma, dans les journaux Le Monde, Le Monde diplomatique, Libération, Politique Hebdo, Afrique Asie.

1977

Il dirige avec Khemaïs Khayati un ouvrage collectif La Palestine au cinéma (1er trimestre 1977, éd. E-100, 294 p.), préfacé par Ezzedine Kalak.

1978 

Se casse la jambe au Centre Georges Pompidou où il était juré au festival du documentaire. Décide en conséquence d’arrêter de voyager et de collaborer à la plupart des revues et journaux (toujours comme pigiste).

Il fonde alors, sans moyens, avec son épouse, Monique Martineau et des amis, la revue CinémAction. Elle paraît d’abord comme hors-série de revues existantes. Le numéro Un est un hors-série de la revue Ecran et a pour titre : Dix ans après Mai 1968…aspects du cinéma de contestation.

Cette parution est liée aux Journées du cinéma militant que Guy Hennebelle organisa de 1977 à 1979 avec Robert Prot à la Maison de la culture de Rennes, dirigée par Chérif Khaznadar.

1979

Avec le soutien d’un groupe d’amis, notamment Anne Couteau, Michel Lefebre, Yvonne Mignot-Lefebvre, Paul Oriol, CinémAction devient indépendant à partir du numéro Le cinéma au féminisme, dirigé par Monique Martineau (n°9, ed. Papyrus, 202 p.).

1980

Parution de Cinéma et politique, de la politique des auteurs au cinéma d’intervention (2ème trimestre, éd. Papyrus-Maison de la culture de Rennes, 376 p.). Cet ouvrage est un bilan des trois années de rencontres à Rennes.

Fin 1981-juin 1983

CinémAction est publié par les éditions L’Harmattan (du numéro 16 à 26).

Septembre 1981

Parution de l’ouvrage Les cinémas d’Amérique latine, dirigé par Guy Hennebelle et Alfonso Gumucio Dagron (éd. L’Herminier, 544 p.). Préfaces d’Edouard Bailby et Louis Marcorelles.

1983

En avril, il prend la direction de la collection Septième art, Editions du Cerf. Celle-ci, fondée en 1952 par les Dominicains est la plus ancienne de l’édition française et probablement de toutes les collections de cinéma du monde. Elle avait été dirigée par Gérard Lenne de 1974 à 1977, puis avait subi une interruption.

Décembre 1983 à avril 1988

Les éditions du Cerf assurent aussi l’édition de CinémAction.

Depuis 1987

Jean Verrier, professeur des Universités à Paris 8, préside Presse, Cinéma et action culturelle, support juridique de la rédaction de CinémAction.

Depuis octobre 1988

Charles Corlet édite CinémAction, en association avec Télérama (à partir d’avril 1989).

Née dans la mouvance du cinéma militant, la revue, sous la direction de Guy Hennebelle, a fait connaître des cinémas se développant en marge d’Hollywood, notamment dans le Tiers-Monde. Elle a donné une tribune à toutes les expressions " minoritaires " en France : femmes, immigrés, handicapés, homosexuels, paysans, " minorités " régionales. Avec le déclin du cinéma militant et de la cinéphilie portée par les fédérations de ciné-clubs, elle a accompagné l’institutionnalisation de l’enseignement du cinéma et de l’audiovisuel en France et en Europe : des dossiers de fond ont été rassemblés par des universitaires sur l’histoire et les théories du cinéma et de la communication, les genres, le scénario, le montage, les archives et les métiers du cinéma et de l’audiovisuel.

Avec le soutien du Centre national de la cinématographie, elle a publié des ouvrages de référence sur la télévision.

Chaque numéro est confié à un coordinateur qui s’attache à traiter le sujet à fond, en fuyant l’esprit de chapelle. Certains coordinateurs ont été les piliers de la revue : Christian Bosséno, René Prédal,…Plus de 5000 auteurs en France et dans le monde entier ont apporté leurs concours.

De nombreux partenariats ont permis d’élargir l’audience de la revue : ARTE, la CEE, l’Ecole Louis Lumière, l’Institut national de recherche pédagogique…

1991

Guy Hennebelle crée avec Monique Martineau et l’association Presse, cinéma et action culturelle la revue trimestrielle Panoramiques, Politiques et sociétés, éditée par Charles Corlet. Le premier numéro est réuni par Guy Gauthier, avec le concours de la Ligue de l’Enseignement, qui poursuit sa collaboration avec les numéros 2 et 3.

Avril 1992

Les éditions Arléa coéditent Panoramiques jusqu’en octobre 1997.

Début de la collaboration d’Agnès Guy à Panoramiques.

Depuis mars 1998

L’hebdomadaire Marianne coédite Panoramiques avec les éditions Corlet.

Guy Hennebelle définissait l’orientation de la revue en ces termes : " Axée sur le principe de la discussion franche et de la contradiction assumée, Panoramiques s’évertue à susciter le débat, soit de l’intérieur (dans des numéros réalisés par deux équipes antagonistes), soit en prenant carrément l’opinion dominante à rebrousse-poil.

Nos mille auteurs et plus viennent de tous les horizons (ou presque) et sont de toutes origines culturelles ou géographiques. Ce n’est pas un hasard si nos comités de collaborateurs ou de parrainage sont largement métissés.

Dérangeants, nous espérons l’être pour tous les " désordres établis "… et l’establishment médiatique qui ne nous fera jamais marcher à son pas de l’oie idéologique. "

Une partie des dossiers sont de bilans globaux sur des questions de politique et de société (Le tribalisme planétaire, L’enfer des mafias, Le lynchage médiatique, Marier le Maghreb à l’Union européenne ?)

Certains numéros défrichent des sujets jusque là presqu’inexplorés, comme le bizutage, bien avant la déferlante médiatique.

D’autres numéros, face à l’unanimisme politiquement correct qui règne par exemple sur des questions comme la démographie, l’avortement comme méthode de contraception, l’exécration de la famille " qui ne saurait être que vichyste ", ont opté pour prendre d’entrée de jeu le contre-pied de la vulgate dominante.

Pour faire entendre tous les sons de cloche, une large place est toujours réservée aux contradicteurs de tous bords, parfois même la moitié d’un numéro. Ainsi le lecteur peut-il forger sa propre opinion à travers une gamme d’avis variés, voire opposés.

Octobre 1999

Françoise Puaux devient rédactrice en chef de CinémAction.

Juin 2002

Corlet devient coéditeur avec les éditions Le Cerf de la collection 7ème  Art.

3 juillet 2003

Guy Hennebelle s’éteint à l’hôpital Ambroise Paré, à Boulogne Billancourt. Il souffrait d’un cancer du colon avec métastases au foie.

En dépit de son handicap, il a mené une activité éditoriale exceptionnelle. Sous sa direction sont parus :

- en 25 ans 108 numéros de CinémAction et une dizaine de hors-série.

- en 20 ans, 50 ouvrages de la collection 7ème Art aux éditions du Cerf.

- en 12 ans, 64 numéros de la revue Panoramiques.

Charles Corlet poursuit l’édition des deux revues, dirigées désormais par Monique Martineau, Françoise Puaux étant la rédactrice en chef de CinémAction et Agnès Guy rédactrice en chef de Panoramiques.

Septembre 2003

Dans l’urgence de la maladie, il avait retracé son parcours intellectuel dans Pour quoi nous combattons et l’avait intitulé Testament. Il paraîtra en hors-série de Panoramiques.

 

 

Un hommage lui sera rendu le dimanche 19 octobre à 17 h. à l’occasion de " Lire en fête : littérature et cinémas d’Afrique ", à la Cité internationale universitaire de Paris (Résidence Lucien Paye, 45 bd. Jourdan, 75014, à l’initiative de son directeur Francis Bordat).

   
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